RISLC-Spécial 4
MONOGRAPHIE RISLC SPÉCIAL n°04, Août 2025 [pour télécharger]
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NUMERO SPECIAL
Conférence inaugurale
Introduction
L’art, la culture et les médias représentent les trois pieds du triangle d’un développement humain et intellectuel inédit. Ils forment une articulation ou une symbiose révolutionnaire parfaite dans la société contemporaine actuelle. L’art est la construction du beau. Il est d’essence éclatant. Il a encore de l’éclat avec l’appui des médias.
En tant qu’êtres humains, l’on ressent constamment le besoin de s’exprimer et l’expression humaine peut être variée dans la nature. L’art et la culture sont deux de ces modes d’expression que les êtres humains ont choisi d’explorer, et ces deux disciplines, qui se chevauchent souvent, vont parfois de pair.
Les médias, c’est-à-dire la presse, la radio, la télévision et internet notamment, sont des instruments de communication de masse. En tant que tels, ils, jouent un rôle crucial dans la diffusion et le développement de l’art et de la culture, en influençant les perceptions et les valeurs sociales. L’art et la culture, à leur tour, se reflètent et évoluent à travers les contenus médiatiques, créant un cycle d’interaction continue. L’impact des médias sur l’art et la culture est amplifié à l’ère du numérique, où l’information circule à une vitesse sans précédent, favorisant ainsi l’émergence de tendances artistiques et culturelles globales.
Dans cette communication, je me propose de présenter l’art, la culture, les médias ainsi que leur ambivalence, d’abord dans un contexte général et ensuite dans le contexte ivoirien.
- Qu’est-ce que l’art ?
L’art peut être défini comme un large éventail d’activités exécutées par des êtres humains, ainsi que les produits de ces activités. L’art peut être la création d’images visibles par les yeux, notamment la sculpture, la peinture, la photographie et autres supports visuels. La musique, le théâtre, la danse, le cinéma et d’autres activités, sont également des arts. La littérature et les autres formes d’art interactif entrent dans la définition plus large des arts, tandis que des domaines tels que la décoration intérieure, l’architecture, le design industriel et autres, relèvent de la catégorie des arts visuels.
L’art peut également être définit comme la représentation de la réalité, la communication d’émotion, l’expression ou d’autres qualités. L’art est ainsi une idée, une ruse, un procédé, une habileté, un talent, une connaissance, une activité, une création et finalement un métier qui existe depuis l’époque préhistorique et continue à prospérer encore aujourd’hui.
Il s’adresse délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intelligence. On peut affirmer que l’art est le propre de l’humain ou de toute autre conscience, en tant que découlant d’une intention, et que cette activité n’a pas de fonction pratique définie. Dans ce contexte, on considère le terme « art » par opposition à la nature « conçue comme puissance produisant sans réflexion », et à la science « conçue comme pure connaissance indépendante des applications ».
L’art traverse les siècles, s’adaptant et transformant les médias contemporains. Aujourd’hui, il joue un rôle essentiel dans la perception du monde. Cette dynamique est particulièrement visible sur les réseaux sociaux, où chaque œuvre trouve une nouvelle dimension. L’art n’est plus un simple objet, il devient un objet social riche en échanges et en émotions. La matérialité, autrefois seule au cœur de l’expérience artistique, se fait accompagner désormais par des interactions virtuelles vibrantes. Les artistes se réinventent, utilisant ces plateformes pour partager leur vision. L’impact de l’art sur les médias modernes est donc indéniable et profondément inspirant.
À l’ère du numérique, l’art a profondément transformé les médias contemporains. Les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et d’autres espaces numériques offrent une nouvelle dimension à l’expression artistique.
En effet, les réseaux sociaux ont ouvert des portes inédites aux artistes. Ils peuvent désormais partager leur travail avec un public mondial, en contournant les barrières traditionnelles du marché de l’art. Cela a permis aux artistes moins connus de se faire un nom, d’interagir directement avec les spectateurs et de participer à des mouvements artistiques collectifs.
Les œuvres d’art se diffusent ainsi rapidement sur internet, touchant des millions de personnes. Cette visibilité entraîne une démocratisation de l’art. L’inscription des œuvres dans des contextes de vie quotidienne incite le public à repenser sa relation à l’art. la perception de tous de l’art se transforme, l’art devient accessible à tous.
De ce fait, à l’heure actuelle, l’objet artistique n’est pas que matériel, il est aussi numérique. L’art évolue vers un objet social, prenant en compte les interactions et non plus seulement le produit physique. Les performances live et les installations éphémères deviennent des exemples de cette nouvelle tendance. La valeur de l’œuvre réside à la fois dans l’expérience vécue et dans sa présence physique. L’art est donc devenu à la fois un produit physique et un produit numérique et les artistes modernes exploitent largement cette voie.
Les algorithmes et la robotique interviennent dans le processus créatif, redéfinissant les frontières de la réflexion artistique. Cette connexion entre l’art et la technologie favorise une créativité inédite, où chaque interaction devient une œuvre en soi.
En conséquence, nous pouvons dire que le marché de l’art fait face à des défis considérables dans ce paysage numérique. Les nouveaux médias modifient les règles du jeu, créant des tensions entre l’authenticité, la valeur et la reproduction. Les maisons de vente des produits artistiques s’adaptent à cette évolution en proposant des ventes en ligne. La question se pose : l’art actuel a-t-il encore besoin des médias traditionnels pour exister ?
Oui en effet, les médias, tous les médias demeurent des relais incontournables pour diffuser l’art.
Au regard de cet appui des médias, l’art agit comme un vecteur culturel puissant. Il permet d’aborder des enjeux sociaux contemporains, invitant le public à réfléchir sur des thématiques cruciales. Les artistes utilisent leur travail pour commenter l’actualité, éveillant les consciences et suscitant des dialogues.
L’impact de l’art sur les médias est donc indéniable. La fusion entre l’art et le numérique engendre des pratiques artistiques en constante évolution. Les médias actuels, en tant que reflets de la société, doivent continuer à jouer un rôle significatif pour permettre à la créativité de se renforcer, l’art de s’affirmer comme une composante essentielle de la vie moderne. Il en est de même pour la culture.
- Qu’est-ce la culture ?
La culture est la manière de faire, de vivre d’une communauté ou tout simplement d’une société. C’est est un concept moderne qui a évolué pour devenir une réalité centrale en anthropologie au cours du 20 ème siècle et qui comprend une grande variété de comportements et de phénomènes humains qui ne peuvent pas être attribués directement au patrimoine génétique. Selon l’anthropologie américaine, la culture peut être définie de deux manières.
- Les manières uniques dans lesquelles vivent différentes personnes et la manière dont elles représentent, classent et agissent de manière créative leur expérience
- La capacité humaine développée à agir de manière créative et imaginative et à représenter et classifier des expériences avec des symboles
Cependant, on distingue actuellement les aspects immatériels de la culture tels que la langue, les traditions, les coutumes, etc., et les artefacts physiques créés par la société appartenant à cette culture comme par exemple les costumes, l’organisation des mariages, des funérailles….
La culture est en perpétuelle mutation, affectée souvent par les conflits sociaux, les forces qui encouragent le changement, ainsi que par les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les autres sociétés du monde entier. La mondialisation peut être considérée comme une force ayant largement contribué à l’évolution des cultures dans le monde entier.
Les médias dans leur ensemble, et particulièrement les réseaux sociaux redéfinissent la médiation culturelle. Ils encouragent l’interaction entre les artistes et le public. Cette dynamique favorise une participation active du spectateur qui devient co-créateur, apportant sa voix et ses impressions au processus culturel. Le partage et le feedback en temps réel créent un espace d’échange authentique, où chacun peut contribuer à la discussion publique sur la culture.
- L’art en lien avec la culture
L’art et la culture sont deux concepts inséparables, mais tout aussi différents. De ce fait, une œuvre d’art a toujours un lien étroit avec la culture. Le mot « art » est né pour assembler plusieurs disciplines comme la littérature, la musique, la peinture…
L’art et la culture sont très certainement deux domaines qui vont de pair. Les œuvres d’art créées par une société sont un produit de la culture qui prévaut au sein de cette communauté et, par conséquent, on peut voir que l’art et la culture sont indissociables. Cependant, il est important de discerner les nombreuses différences entre ces deux concepts afin de mieux les comprendre…
- La culture est l’ensemble des formes sociales, des traits matériels, des croyances coutumières et d’autres phénomènes humains qui ne peuvent être directement attribués à un héritage génétique d’un groupe religieux, racial ou social. L’art est l’expression créatrice de ses expériences, de ses émotions et d’autres qualités.
- L’art est un aspect de la culture. L’art est fortement influencé par la culture et est né comme un sous-produit de la culture, reflétant certaines de ses coutumes, croyances et valeurs…
Ce sont des vecteurs d’innovation et de changement dans une société. L’art et la culture se confondent parfois. Les deux restent entremêlés aussi. La culture est associée à des connaissances d’habitudes ; propre à un pays, elle peut se définir comme les coutumes ou usages. L’on prend du plaisir à en faire étalage devant des gens. Mais au-delà de tout cela, la culture est une aptitude, ou un travail singulier individuel ou collectif. Et dans l’ensemble, l’art et la culture vont sensibiliser, éduquer, former et médiatiser une œuvre.
Le terme « culture » englobe aussi et surtout plusieurs domaines mais paradoxalement tout le monde comprend le concept. Toutefois, rappelons que le but est le même : éduquer, sensibiliser, former la société. Et si l’on ajoute à cela le plaisir et l’amusement, le lien entre l’art et la culture donne un résultat satisfaisant. Ce résultat peut tendre vers la perfection avec l’appui des médias.
En effet, l’œuvre d’art l’œuvre culturelle doivent être médiatisées, c’est-à-dire présenter au grand public pour arriver à ses fins. Le public aura le choix entre les expositions pour la peinture, les images ; des spectacles pour les représentations. De fil en aiguille, l’artiste pourra promouvoir ses œuvres.
L’artiste aura comme tâche d’accomplir la perception de ses œuvres en premier lieu. Pour y arriver, il jouera sur la culture et les sentiments. Il va par la suite véhiculer une idéologie ou juste un message en utilisant l’art ou le produit culturel en question. Au fil du temps, la liberté d’expression se met en place et chacun pourra apprécier l’artiste et ses créations. Cette liberté d’expression se traduit par la passion et le besoin de posséder et la collection d’œuvres d’art et de produits culturel sont nées. L’on peut démontrer son amour pour l’art à travers son penchant pour un style ou un auteur ou encore un artiste. Mais à juste titre, l’« art » sera basé sur la culture et le plaisir réconfortant.
L’Afrique recèle d’innombrables arts qui reflètent une grande variété de cultures qui ne cessent d’évoluer au fil du temps. Ces créations ont été considérées comme de véritables objets d’art surtout à partir du début du XXe siècle.
Par exemple, le masque en bois, qui représente le plus souvent un esprit, a longtemps été considéré comme l’objet typique qui symbolisait le mieux l’art africain. Néanmoins, d’autres formes sont progressivement venues au jour et en 1966 eut lieu le premier festival mondial des Arts nègres de Dakar, présentant au monde la richesse de l’art africain, avec des artistes comme Ousmane Sow, Assane N’Noye, Paul Ahyi ou Ashira Olatunde.
De nos jours, la plupart des œuvres africaines appartiennent à des collectionneurs privés, car, dans le passé, les musées ont négligé cet art. Depuis, les côtes pour des objets anciens authentiques se sont envolées, et l’Unesco en est venue œuvrer d’une part pour l’interdiction depuis le début des années 1990, de l’exportation de masques et de statues africains et d’autre part, pour le retour des objets d’art volés aux Africains durant la colonisation. J’en veux pour preuve, le retour sur les bords de la Lague Ebrié du « Djidji Ayokwe », le Tam Tam parleur des Atchans, fin 2018, soit 105 ans après, c’est-à-dire arraché en 1916.
Le Bénin a aussi réceptionné dans la même période, plusieurs œuvres pillées en 1892, lors du pillage et de la mise à sac par les troupes coloniales du palais d’Abomey, capitale historique du Royaume du Dahomey.
- L’art et la culture en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire, pays d’Afrique de l’Ouest, frontalier avec cinq autres nations (Burkina Faso, Mali, Ghana, Liberia et Guinée) représente une terre d’accueil pour ses voisins et de plusieurs autres pays africains ou non à qui elle offre l’hospitalité et une cohabitation harmonieuse, devenant ainsi un lieu de rencontres et d’inspirations de plusieurs peuples.
Le pays a su tirer profit de son avantage non négligeable hérité du brassage culturel, faisant d’elle une terre de référence en matière de culture. Son potentiel artistique est toujours mis en avant et sublimé par une danse, riche et varié, vivier d’artistes de tout genre.
Depuis 2008, l’Unesco a pris soin d’inscrire quelques pratiques sociales, rituels et événements festifs ivoiriens tels le Gbofe (la musique des trompes traversières), le Balafon, le Zaouli sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Le pays tout entier a développé une tradition artistique, littéraire et musicale au fil des ans et son riche patrimoine culturel va au-delà des musées, des édifices religieux (mosquées, églises…).
Le génie de ses artistes s’est répandu dans toute l’Afrique et a conquis le monde tant sur le plan musical que sur le plan de la mode et de l’artisanat. Une fierté non dissimulée pour ce peuple qui met un point d’honneur à revendiquer son africanité dans tous les domaines.
Outre l’art populaire qui consiste en des activités informelles, non moins intéressantes comme la fabrication de l’attiéké national ou la transformation du karité en beurre ou en savon, l’artisanat traditionnel du pays s’exprime avec authenticité et ferveur. Le travail de l’or chez les Akans est une activité d’orfèvre d’origine séculaire. Parmi les objets les plus symboliques de la culture akan, les poids Baoulés qui servaient à peser la poudre d’or sont encore fondus selon la technique ancestrale de la cire perdue.
De plus, il y a une activité comme le tissage qui reste l’apanage des Baoulés, des Sénoufos des Wê et des Dan, qui s’imposent largement dans ce domaine.
La Côte d’Ivoire présente également une littérature abondante, riche de sa diversité de style et de ses proverbes, soutenue par des infrastructures éditoriales relativement solides et des auteurs de différentes notoriétés.
Une nouvelle génération d’artistes plus contemporains et dignes représentant du street art, signale sa présence avec des fresques dans les communes d’Abidjan et de plusieurs localités de l’intérieur du pays.
Avec plus de 60 ethnies, le folklore de la Côte d’Ivoire est une culture vivante pittoresque qui se réinvente au niveau de ses croyances, rites, contes, légendes, fêtes, cultes, issues des sociétés traditionnelles.
Aussi bien en plein centre urbain que dans le pays profond, les peuples ont su préserver un mode traditionnel de vie avec ses danses et ses masques, mais aussi ses villages aux habitations aux murs d’argiles recouverts d’une toiture de paille. Dans ses contrées, la cuisine est encore très simple et naturelle avec un goût exquis et les costumes traditionnels sont souvent à base de pagne artisanal, tissé par les villageois et rehaussé de bijoux qui sont un couplage entre les perles peintes à la main localement et de l’or travaillé par les bijoutiers artisanaux.
Tous ces objets et pratiques, sont effectivement présents dans les médias du pays.
- Les médias en Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, le paysage médiatique est diversifié et dynamique. En effet, le pays dispose de divers médias, y compris la presse, la radio, la télévision et les médias en ligne. Dans ce schéma, les médias publics occupent encore une position dominante de par leurs diffusions nationales et leurs financements publics. Les médias publics ivoiriens sont placés sous l’autorité du ministère en charge de la Communication. Ils comprennent l’agence ivoirienne de presse AIP (Agence Ivoirienne de Presse), le quotidien Fraternité Matin, fer de lance du groupe de presse étatique SNPECI (Société Nouvelle de Presse et d’Édition de Côte d’Ivoire) qui publie plusieurs journaux et magazines ivoiriens.
L’offre publique d’information est complétée par le groupe audiovisuel public RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne) qui regroupe les six entités suivantes : RTI 1, RTI 2, la 3, RTI Bouaké, Radio Côte d’Ivoire et Fréquence 2.
La presse ivoirienne est relativement polarisée et la plupart des médias adoptent des lignes éditoriales favorables à l’un des camps politique du pays. Le pays compte de nombreux journaux et des magazines. Le secteur audiovisuel est encore largement dominé par l’État bien qu’il ait ouvert les ondes aux radiodiffuseurs et télévisions privés, respectivement en 1995 pour les radios de proximité et en 2018 pour les télévisions privées.
Internet est utilisé par plus d’un ivoirien sur cinq, notamment dans les centres urbains. Les sources d’informations en ligne comme Abidjan.net sont de plus en plus consultées et commencent à rivaliser avec la presse en termes de professionnalisme.
Il existe un cadre législatif et réglementaire de ces médias. Ce cadre en constante adaptation, permet aux médias d’opérer les évolutions nécessaires. La Côte d’Ivoire dispose de deux organismes de régulation des médias. L’ANP (Autorité Nationale de la Presse) régule le secteur de la presse tandis que la HACA (Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle) régule le secteur de la communication audiovisuelle du pays en distribuant les fréquences de radio et télédiffusion.
Par exemple, les médias en ligne à Abidjan et dans tout le pays, proposent constamment des informations en temps réel et répondent aux besoins d’information de la population.
Par ailleurs, le financement des médias devient un problème, même si le marché de la publicité est en pleine expansion. Pour ce faire, depuis 1994, l’État a institué une redevance, précomptée sur la consommation d’électricité au profit de la RTI, alors que cette chaîne était dans une situation de monopole. Il faut indiquer qu’en 1994, la concurrence était très faible ou inexistante dans les radios comme à la télévision.
Il existe plusieurs organisations professionnelles liées aux médias dans le pays. On peut notamment citer l’UNJCI (Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire), le REPPRELCI (Réseau des Professionnels de la Presse en Ligne de Côte d’Ivoire), la section ivoirienne de l’UPF (Union Internationale de la Presse Francophone), l’OLPED (Observatoire de la Liberté de la Presse, de l’Éthique et de la Déontologie), le GEPCI (Groupement des Éditeurs de Presse de Côte d’Ivoire), l’OJPCI (Organisation des Journalistes Professionnels de Côte d’Ivoire), l’UJOCCI (Union des Journalistes Culturels de Côte d’Ivoire), le SYNAPPCI (Syndicat National des Agents de la Presse Privée de Côte d’Ivoire), le REFJCI (Réseau des Femmes Journalistes de Côte d’Ivoire), la CNDPCI (Confédération Nationale des Directeurs de Publication de Côte d’Ivoire), l’association FEMCI (Femmes des Médias de Côte d’Ivoire) ou encore l’antenne locale de la MFWA (Media Foundation for West Africa).
Sur le plan de la liberté de la presse, il faut dire que les libertés d’expression et de presse sont protégées dans la constitution et les lois du pays. Dans son rapport 2022 sur la liberté de la presse, Freedom House classe le pays comme partiellement libre. La Côte d’Ivoire apparait à la 81e place dans le classement mondial de la liberté de la presse 2022 de Reporter sans frontières qui estime que les pressions contre la presse subsistent toujours.
Il est ainsi évident que les médias ivoiriens tels que présentés, contribuent parfaitement au rayonnement de l’art et de la culture dans le pays.
- Art, culture et médias
Il s’agit de présenter ici, l’apport des médias au riche patrimoine artistique et culturel de la Côte d’Ivoire. En effet, tous les médias ivoiriens contribuent de par leurs reportages, ou leurs activités diverses, au développement de l’expression artistique et culturelle du pays. Dans ce tableau, la RTI joue particulièrement un rôle important.
En effet, la RTI est un groupe de médias (radio et télévision généraliste publique) qui émet en continu, généralement depuis Abidjan en Côte d’Ivoire. Ce groupe de médias offre une programmation diversifiée, destinée à atteindre un large public. Cette position lui assigne l’ambition de jouer dans les domaines de l’information nationale et internationale, de la création, du divertissement et de l’événement, un rôle d’entraînement en matière de qualité et d’innovation pour l’ensemble du secteur radiophonique et télévisuel. Dans ses différentes grilles de programmes, figurent en bonne place, des émissions artistiques et culturelles qui contribuent au rayonnement nationale et internationale de ce groupe.
Par exemple, ce fut le cas d’une émission comme « Connais-tu mon beau pays ? ». Il s’agit d’une émission de Radio Côte d’Ivoire qui permet à l’auditeur de sillonner la Côte d’Ivoire, de faire le tour des villes, villages et hameaux de la Côte d’Ivoire même dans ses contrés les plus difficiles d’accès et qui met en avant les cultures et traditions ivoiriennes. L’émission permettait à chaque peuple, de s’exprimer et au patrimoine national d’être visité et connu par les populations du pays.
Quand l’on prend par exemple la culture Agni de l’Indenié Djablin à travers Radio Côte d’Ivoire, elle est connue à Bouaké, Korhogo, Man, Aboisso… un peu partout dans le pays Sénoufo, Dan, Wê, Baoulé, Attié, etc. et vice versa. Radio Côte d’Ivoire a permis ainsi à la Côte d’Ivoire de faire des pas de géant vers la construction de la nation ivoirienne.
Il y a aussi l’émission « Patrimoine », puis « Au cœur de la Côte d’Ivoire », et ensuite « Tradition et réconciliation »
« Folklore de chez nous » est également une émission qui présente les différentes danses traditionnelles des régions de la Côte d’Ivoire.
Le volet culturel attire l’attention de tous car la télévision et la radio ivoiriennes ont promu la culture à travers des émissions comme ‘’théâtre chez nous’’, Varietoscope pour la vulgarisation d’un pan de l’histoire et de la danse. ‘‘Vacances culture’’, une émission phare de la radio, qui mettait à contribution toutes les communes, par devant elles, leurs autorités électorales. Parmi toutes ses productions culturelles, il y a des reportages, des documentaires sur les us et coutumes ivoiriennes.
Avec la détermination de demeurer leader dans le secteur de l’audiovisuel en Côte d’Ivoire, la RTI offre ainsi pendant chaque vacances, une diversité d’émissions de vacances à ses téléspectateurs. Tous ses supports, de la radio à la télévision sont utilisés pour le déploiement de ces programmes. Ainsi, Wozo Vacances, l’émission des tout-petits. Variétoscope (concours de danses chorégraphiées et un voyage historique et culturel), le clash musical (concours au cours duquel des genres musicaux se rencontrent pour donner naissance à la symphonie de la réconciliation).
Quant à RTI 2, ce sont les émissions de beauté ‘‘Make-up challenge’’ et ‘‘RTI à domicile’’ et ‘‘Star Tonnerre’’, ‘‘spécial emploi’’ qui sont présentées régulièrement.
Enfin, au niveau de La 3, ‘‘Babi dance battle’’ est désormais diffusée sur cette chaine musicale.
Au niveau des deux chaines de radio, plusieurs émissions et concours dont ‘‘Radio vacances’’, ‘‘le duel des cracks’’, ‘‘Golden voice’’, ‘‘talent de sport’’, ‘‘première antenne’’, ‘‘surtout ne riez pas’’… ont toujours fait le bonheur des auditeurs. Des émissions sont également prévues sur RTI Bouaké.
Selon plusieurs études menées par des cabinets d’étude d’audiences, la RTI surclasse toutes les autres chaines présentes en Côte d’Ivoire. Le média de service public conserve son leadership tout en demeurant toujours dans le haut du classement des télévisions les plus suivies en Côte d’Ivoire malgré la libéralisation de l’audiovisuel. À en croire les cabinets qui ont dévoilé une étude réalisée dans ce sens, les chaînes RTI 1, RTI 2 et La 3 occupent une large part de téléspectateurs réguliers. Ce qui les place dans le top 10 du classement des chaines de télévisions les plus suivies en Côte d’Ivoire.
Avec la libéralisation du secteur de l’audiovisuel en Côte d’Ivoire, la RTI qui a pris conscience de l’existence d’une réelle et sérieuse concurrence se donne tous les arguments pour continuer à affirmer son leadership. Pour maintenir son leadership, le média de service public met au cœur de sa stratégie le téléspectateur en misant sur leur écoute.
La RTI est aussi au cœur des activités comme le Marché des Arts et du Spectacle d’Abidjan (MASA). Le MASA, un événement incontournable dans le domaine des arts du spectacle en Afrique, est un programme de développement culturel qui vise à célébrer la richesse et la diversité des expressions artistiques africaines, tout en favorisant les échanges entre les artistes, les professionnels du secteur et le public.
Conclusion
L’art et la culture sont des objets sociaux qui sont présents dans les médias, à la fois dans les médias traditionnels que dans les médias numériques. Ces médias font donc la promotion de la création sous toutes ses formes, c’est-à-dire l’art et la culture.
Les professionnels des arts et de la culture s’approprient ces outils médiatiques pour expérimenter des formes nouvelles d’expression. Ils adaptent leurs pratiques aux contraintes et aux opportunités offertes par les médias. Les œuvres ne sont plus uniquement pensées pour être exposées dans des galeries. Elles sont créées pour s’inscrire dans des plateformes numériques. Ces nouvelles pratiques favorisent une approche collaborative, où l’audience devient partie intégrante du processus créatif. Les spectateurs ne se contentent plus d’observer ; ils peuvent désormais participer et influencer l’œuvre.
Alors que ces professionnels bénéficient de cette visibilité, ils doivent également faire face à des défis. La pression de produire constamment du contenu pour maintenir l’intérêt du public peut entraîner un épuisement créatif. L’équilibre entre l’authenticité artistique et les exigences du monde numérique devient une lutte quotidienne.
Bibliographie
Erwin Haye, Alexis Trepier, Tommaso Zaccheo, Maureen Lepers, Mariana Camargo, Patrimoines en arts et médias, Paris, L’Harmattan, 2024
Gilbert Toppé, Médias en Côte d’Ivoire : Applicabilité et réglementation, Publibook, 2016
Jean-Pierre Saez, Wolfgang Schneider, Marie-Christine Bordeaux, Christel Hartmann-Fritsch, Pour un droit à l’éducation artistique et culturelle. Plaidoyer franco-allemand, Observatoire des politiques culturelles, Fondation Genshagen, 2014.
Laurent Martin, Culture, médias, pouvoirs – États-Unis et Europe occidentale – 1945-1991, Editions Atlande, 2019
Poissant Louise, Dictionnaire des arts médiatiques, 2014, Presses de l’Université du Québec
Dr(MC) Gilbert TOPPE,
enseignant-chercheur,
Université Alassane Ouattara de Bouaké
(Côte d’Ivoire)
I/ ARTS ET MEDIAS
1- Mian Fidèle ADONI
2- Effossou Serge YOMAN & Brice Aubain GBODJE
3- Wago Glwadis ZOGO & Tié Lou Nayié Virginie DIBI
4- Bodjé Théophile DJOKE & Aka Jean-Marie ANO
5- Effossou Landry ASSEMIEN
6- Bodjé Théophile DJOKE
7- Syntyche Yabla KOUADIO
8- Madeleine SIALOU
9- Michel Koudou GBAGBO
10- Noumouké DOUMBIA
11-Jean-Jacques AHOUE, Yao Jean Terence Gauthier LASME & Elisabeth Ella BAKI
12- Tagbo Victor MABA & Kadja Olivier EHILE
II/ CULTURE ET MEDIAS
13-Kouakou Kan Jean-Michel N’GUESSAN & Touré Jean-Baptiste YAO
14- Andromy Thomas N’GORAN
15- Loukou Severin KOUAKOU
16- Kouadio Olivier N’ZUE & Hamanys Broux De Ismaël KOFFI
17- Abou Bakary BAYOKO & Gnouobere Affou OUATTARA
18- Chiayé Marie-Pauline SEKA
19- Kiklan Désiré TOURE
20- Yooul Silvie MEMEL
21- Levergore TANOH
22- Donikpo KONE
23-Saman Ange-Michel GOUGOU
24-Bi Youzan Hermann ZAMBLE
25-BI Kahou Albert DJE & Singo Provos GUEU
26-Françoise Annick Amenan TANOH
Impacts de la mondialisation sur les cultures locales à travers les medias
27-Koko Marie-Madeleine SEKA
28-Dja André Ouréga Junior GOKRA
29-Beuh Ambroise MONGLOU
